Le pré-formateur Elio Di Rupo rencontrera aujourd'hui les principaux acteurs de la formation du gouvernement, à l'occasion de conversations privées, dans le but de rétablir la confiance entre la N-VA et son propre parti. Tout tend néanmoins à démontrer que personne ne croit encore réellement à un succès des négociations à sept.
En public, les sept partis ne retiennent pas leurs critiques, et c'est le fameux "chèque en blanc" qui revient le plus souvent sur le tapis. Lundi, la N-VA et le CD&V ont encore refusé, par la bouche de De Wever et de Peeters, de signer ce proverbial chèque en blanc pour le financement de Bruxelles en échange de la scission de BHV. Le CD&V et la N-VA estiment que cet argent doit être lié à la nouvelle loi de financement, de manière à garantir que celle-ci verra bien le jour. Les francophones voulaient seulement coupler une partie de l'argent supplémentaire à la loi de financement; de ce fait, les négociations ont échoué et Di Rupo a dû se rendre au Palais, où le roi a refusé sa démission. Hier, les socialistes (SP.A) et les Verts (Groen!) flamands ont clairement expliqué qu'ils n'acceptaient pas que la discussion du président de la N-VA sur les dernières négociations de la pré-formation se déroule exclusivement entre la N-VA et le PS. De Wever a affirmé qu'il soumettrait aux autres partis l'accord préalablement conclu avec le PS; il espère ainsi mettre hors jeu le CDH de Joëlle Milquet, qui adopte des positions trop dures sur Bruxelles. "Tout comme De Wever, nous ne signons pas de chèque en blanc", a déclaré la présidente du SP.A Caroline Gennez.
En organisant des contacts bilatéraux, Di Rupo répond partiellement à la demande de De Wever. Mais il ne s'agit pas de véritables négociations, car dès lundi, le président du PS a rejeté expressément la proposition de De Wever visant à régler la situation entre PS et N-VA. Dans les cercles du PS, on entend dire que cette offre démontre principalement l'absence de respect de De Wever envers les cinq autres présidents de parti.
Le PS s'est aussi irrité de voir Peeters et De Wever supputer sur des carences dans la méthode de Di Rupo, qui ne couche aucun élément des accords sur papier, mais en précisant toutefois que pour lui, ce n'est pas rédhibitoire. Le CD&V estime important de rétablir la communication entre la N-VA et le PS, et déplore la communication quelque peu abrupte des autres présidents car, selon le parti; "cela ne fait pas avancer les choses".